Le bassin et le psoas : comprendre sans surinterpréter
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On entend souvent dire que le psoas serait le « muscle de l’âme », qu’il emmagasinerait les émotions ou qu’il serait responsable de nombreuses douleurs lombaires, pelviennes et même respiratoires.
La réalité est beaucoup plus nuancée… et encore plus fascinante.
Le psoas est un muscle profond qui prend son origine dans la région lombaire et descend vers le fémur. Il rejoint l’iliaque pour former l’iliopsoas. Ensemble, ils participent principalement à la flexion de la hanche, mais aussi à la marche et à la stabilité du corps.
Cependant, le psoas ne possède pas une seule fonction.
Son action change selon la position du bassin, l’angle de la hanche, les appuis, la respiration et le mouvement effectué. Certains de ses faisceaux participent davantage au mouvement de la hanche, tandis que d’autres contribuent à la stabilité de la région lombaire.
Il ne travaille jamais seul.
Il agit avec les muscles abdominaux, les fessiers, les adducteurs, le diaphragme, le plancher pelvien, les ligaments et l’ensemble du système nerveux.
Le bassin, de son côté, n’est pas une pièce rigide qui devrait rester parfaitement droite ou symétrique. Il constitue un véritable carrefour entre le tronc et les jambes. Il reçoit les forces venant de la colonne, les redistribue vers les hanches et s’adapte continuellement à nos appuis.
Les articulations sacro-iliaques peuvent bouger, mais leurs mouvements sont généralement de faible amplitude. Une différence de hauteur entre les deux côtés du bassin ne signifie donc pas automatiquement qu’il est « déplacé » ou qu’il doit être remis en place.
De la même manière, ressentir une tension dans l’aine, le ventre, la hanche ou le bas du dos ne prouve pas nécessairement que le psoas est raccourci ou bloqué.
Une sensation de tension peut être influencée par plusieurs éléments :
* La hanche ou les structures qui l’entourent
* Les muscles de la région
* La colonne lombaire
* Les articulations sacro-iliaques
* Une ancienne blessure ou une cicatrice
* La fatigue, le stress ou le manque de sommeil
* Une stratégie de protection développée par le corps
En Myofascialogie, nous ne cherchons donc pas à désigner trop rapidement un muscle comme responsable.
Nous observons la respiration, les appuis, la marche et la façon dont la personne se lève ou bouge. Nous écoutons surtout ce qu’elle ressent et ce qui modifie réellement son confort.
Le toucher demeure lent, soutenu, oblique et non glissé. Nous rencontrons la barrière sans la forcer, puis nous attendons. Deux ou trois minutes peuvent être nécessaires avant qu’une réponse apparaisse, et certaines barrières demandent parfois huit à dix minutes.
Nous accompagnons l’ensemble de la région afin que le corps puisse retrouver davantage d’aisance, de mobilité et de possibilités d’adaptation.
Le corps n’est pas une mécanique défectueuse à corriger.
C’est un système vivant, intelligent et profondément adaptable.
La Myofascialogie : la voie du rétablissement.
D’abord la Myo
Jean François Brabant
Thérapeute et formateur en Myofascialogie
Comment savoir si tu bouges en partant de ton centre ?
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Il existe un signe très clair qui te permet de savoir si tu es sur la bonne voie : lorsque tu bouges à partir de ton centre, tout ce qui est superflu commence à disparaître. Tu cesses de mettre une force inutile dans tes épaules, tes jambes ne se précipitent plus et tes mains se détendent. Au Japon, on parle beaucoup du hara (la partie inférieure de l’abdomen) tout simplement parce que c’est là que l’équilibre, la direction et la puissance s’organisent le mieux. Inutile de trop y réfléchir ; cela se remarque tout de suite. Si, pour réussir une technique, vous devez vous raidir, vous pencher ou finir par lutter contre votre propre corps, c’est que quelque chose n’est pas à sa place. En revanche, lorsque le mouvement naît de là, tout s’écoule naturellement : la posture s’ajuste d’elle-même et la force s’exprime purement, sans interférences.
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Le premier secret : trouver son hara
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Tout entraînement sérieux commence par une question très simple : d’où parte ton mouvement ? Dans les arts martiaux japonais, cet endroit porte un nom : le hara. On l’associe également au tanden, au seika tanden ou à ce qu’on appelle le « point un ». Il ne s’agit ni d’une idée fantaisiste ni d’un mot japonais destiné à paraître profond. Il s’agit d’une zone précise du corps : le bas de l’abdomen, à quelques centimètres sous le nombril et vers l’intérieur, tout près du centre de gravité physique.
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Les chaînes fasciales du corps reproduisent les méridiens taoïstes pendant la pratique du Taichi Chuan
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Lorsque vous pratiquez le Taichi Chuan, il se produit quelque chose que peu de pratiquants remarquent consciemment : les mouvements lents et circulaires étirent, compriment et mobilisent un réseau que les textes classiques appellent « méridiens » et que la science moderne appelle « fascia ». Il ne s’agit pas de deux choses différentes. Il s’agit d’une même réalité, décrite à l’aide de deux langages différents.
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Song (松), le relâchement intentionnel des articulations et des muscles, en les étirant
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On traduit le terme Song (松) par « relaxation » ou « lâcher prise ». Mais cette traduction est trompeuse. Il ne s’agit pas d’une notion unique. C’est un processus à plusieurs niveaux. L’erreur consistant à confondre Song avec le fait d’« être mou » La confusion la plus courante consiste à assimiler Song à la faiblesse ou au relâchement. Ce n’est pas la même chose. Song ne signifie pas « être relâché » au sens de s’affaisser.
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Le mouvement naît du repos ; dans le repos bat le mouvement
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Cette phrase n’est pas seulement une description poétique du Taïchi Chuan. C’est la description du fonctionnement de l’univers. Avant le Big Bang, les scientifiques émettent l’hypothèse d’un état de singularité, où « tout est potentiel ». Les taoïstes l’appelaient Wuji (le Vide suprême, l’indifférencié). Et de ce vide est né le Taïchi : l’interaction des deux forces primordiales, le Yin et le Yang, le mouvement.
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La leçon de « Lü » (céder pour rediriger)
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Il y a un moment dans la pratique du Taïchi Chuan qui est profondément contre-intuitif : quand quelqu’un vous pousse, vous ne repoussez pas. Vous apprenez à céder. Mais ce n’est pas une capitulation. C’est une stratégie plus sophistiquée : Lü (捋), l’énergie qui consiste à dévier, à céder pour rediriger.
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La répartition 70/30 du poids du corps dans le Taïchi
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Xu vs Shi (vide vs plein). La répartition 70/30 du poids du corps et pourquoi un côté doit toujours être « disponible ». L'un des principes qui distingue le Taïchi Chuan des autres formes de mouvement est la distinction constante entre Xu (虚, vide) et Shi (实, plein). Il ne s'agit pas d'un concept abstrait, mais d'une consigne pratique indiquant où se trouve le poids à chaque instant.
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An (按) : l’énergie de l’enfoncement dirigé dans le Taïchi
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Quand ton patron te met la pression, tu rediriges. An (pousser vers le bas) en tant que métaphore : absorber la pression sans subir de préjudice.
Il y a un moment au travail que tout le monde connaît : le patron met la pression. Une exigence hors délai, une critique hors contexte, une pression qui ne devrait pas peser sur toi. L’instinct est de résister. De riposter. De te défendre.
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